Défilé Tatras
Cinéma

Cannes 2019 : film « Le jeune Ahmed » des frères Dardenne

Le nouveau film des frères Dardenne a été le premier film que j’ai vu lors de mon aventure cannoise cette année. Après deux palmes d’or (si si deux ! Une en 1999 pour « Rosetta », et en 2005 pour « L’enfant »et ils espèrent bien en avoir une troisième même !) les deux cinéastes reviennent cette année sur la croisette présenter un long-métrage sur la radicalisation islamique d’un jeune collégien en Belgique.

Alors c’est un thème d’actualité me direz-vous. Et enfin un film ose affronter sans tabou une réalité de notre société à laquelle il faut bien le dire nous n’aimons pas être confrontée.
Mais nous ne retiendrons pas le thème, ce n’est pas ce qui intéresse les Dardenne, ce sont les personnages. Emprunt de fougue et de détermination comme l’ont pu être Rosetta, Sonia ou Bruno, les personnages de leurs précédents films, les frères Dardenne réalisent des œuvres empruntent d’une profonde humanité. Dans « Le jeune Ahmed« , la réalisation a cet aspect brut qui me plaît tant. On abandonne cette perfection esthétique hypocrite au profit de plans séquences imparfaits qui nous perdent faisant ainsi écho au chaos intérieur du personnage.

Défilé Tatras
© Diaphana Distribution

En effet, cet adolescent est froid, semble détaché de tout et est complètement endoctriné par son imam. Soyons clair, ce personnage n’est pas attachant du tout. On a plutôt envie de lui en mettre deux sur chaque joue et de le punir dans sa chambre. Mais la jeunesse du personnage fait que nous croyons en sa rédemption ! (Oui nous sommes parfois naïfs…et nous avons parfois raison de l’être). C’est ce que qu’expliquent les réalisateurs lors de la conférence de presse. La jeunesse du personnage permet encore de lui faire entendre raison avant que l’endoctrinement ne soit irréversible.

© Diaphana Distribution

C’est cette lueur d’espoir à laquelle se raccrochent les réalisateurs pour leurs personnages. C’est d’ailleurs ce qui permet que ce film soit « une ode à la vie » comme le dit si bien Jean-Luc Dardenne.
Mon seul regret : une fin un peu abrupte et des interrogations qui auraient
demandées à être plus développées par 10-15 minutes supplémentaires. (Oui , je me plains des 3h30 du Kechiche et là je souhaite un film plus long. Je sais je suis une éternelle insatisfaite mais c’est pour ça que vous m’aimez non ?)
Malgré cela, le jury du Festival ne s’y est pas trompé ! Les deux frères reçoivent le prix de la mise en scène pour cette édition 2019 et croyez moi nous n’avons pas fini d’entendre parler d’eux !

© By Alex

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