Défilé Tatras
Cinéma

Cannes 2019 : Film « Mektoub my love : Intermezzo »

Dernier film vu au Festival de Cannes avant notre départ, jeudi 23 mai, 22h, démarre la soirée de tous les scandales de cette 72ème édition ! Retour sur une expérience cinéphile de 3h30 plus que désastreuse…


Il y a certains films que l’on voit parfois où l’on se demande comment ils ont pu être produits… c’est le cas du nouveau film d’Abdellatif Kechiche « Mektoub, my love : Intermezzo ». C’est la suite du premier volet « Mektoub my love : canto uno » sorti en 2018. Rappelez-vous, il suivait un groupe de jeunes dans le Sud de la France, à Sète. Cette fois, l’été touche à sa fin et nous retrouvons la bande de jeunes sur la plage. Ils font connaissance avec Marie, jeune étudiante parisienne qui profite des derniers jours de l’été. Jusque là ça avait bien commencé…

Ensuite, on se demande si le réalisateur nous prend pour des abrutis ou s’il évacue ses problèmes existentiels à travers ses films. D’ailleurs, à la fin de la projection il s’excusera auprès du public restant !!! Pourquoi ? Pour la longueur de son film et il quittera rapidement la salle, sentant comme un malaise latent… et c’est peu dire !!!

Pour commencer : 3H30 d’ennui profond…
45 minutes sur une plage où les discussions profondes des personnages sur la vie se résument à « aimes-tu le fromage ? » (À ce stade, quelques personnes avaient déjà quitté le Théâtre Lumière).

Mektoub my love - plage
© Pathe Films

Ensuite, plus de 2h30 en boîte de nuit où les dialogues sont quasiment inexistants.
Lorsqu’il y en a, c’est soit pour commander des verres au bar soit une discussion « philosophique » entre nanas complètements éméchées (Hafsia Herzi et sa nièce). Mais de quoi parlent t-elles vraiment ? Tout simplement autour du genre de cul que chacune aime ! Et tout cela en matant fortement ces « messieurs » danser sur la piste… (Les rangs continuaient à se vider autour de nous pendant que d’autres dormaient déjà…)

En parallèle, nous assistons à une succession de plans de fesses, de poitrines et de corps moites. Les actrices se déhanchent et se donnent à coeur joie sur le pole dance. Pendant ce temps, Marie, la jeune étudiante est prise en sandwichs entres les deux hommes rencontrés le matin même. Elle alterne drague, danse et roulage de pelles à foison.

Mektoub my love - Marie
© Pathe Films

Mais que dire de cette vision de la femme… C’est bien connu mesdames, nous allons toutes en boîte de nuit en mini short et soutiens-gorge.
Le réalisateur se justifie en disant qu’il a voulu filmer l’amour, le désir des corps. Je ne vois là que provocation et humiliation de la femme ! Il semble obsédé par les fesses de ses comédiennes, décadre régulièrement les visages comme si l’expression de leurs fesses étaient plus intéressantes.


Par ailleurs, une collègue journaliste s’est amusée à compter ces fameux plans de booty shake et devinez combien … : 178 !!! On sent même à l’écran l’épuisement et l’ennui des comédiens qui ont tourné ces scènes jusque tard dans la nuit.
Bref, il n’y a pas d’histoire, pas de rythme et il y a une grande différence entre réaliser et poser une caméra et la laisser tourner !

Défilé Tatras
© Pathe Films

Le film s’associe aussi rapidement à de la pornographie puisqu’entre deux
scènes de boîte de nuit se glisse une scène de cunnilingus non simulée de 13 minutes (bizarrement personne n’est sorti du Théâtre Lumière à ce moment là…)
Par ailleurs, une personne de la production a confié à la presse que les comédiens n’étaient pas disposés à tourner cette scène de sexe non simulée. En effet, l’insistance du réalisateur, l’ambiance, la fatigue et l’alcool présent sur le tournage auront eu raison de leurs réticences. Cela explique sans doute pourquoi l’actrice principale Ophélie Bau était absente à la conférence de presse ! De plus, elle s’est même rapidement éclipsée pendant la projection du film.
Au vu de cette scène, l’association « Stop au porno » a demandé à ce que le film soit interdit aux moins de 18 ans.

Pour terminer, le réalisateur a indiqué lors de la conférence de presse au festival de Cannes que le film n’était pas terminé (on en serait presque soulagé…). Il pensait remonter des scènes, en enlever peut-être et ajouter des dialogues (non vraiment ? Une bonne idée arriverait-elle enfin ?).
Le film n’a encore pas de visa d’exploitation que Kechiche confirme avec ce nouvel opus sa réputation sulfureuse qui lui colle à la peau depuis « La Vie d’Adèle » et qui ne porte pas toujours ses fruits dans le cinéma d’aujourd’hui …

Mektoub my love
© Pathe Films

© By Alex

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