Cinéma

Cannes 2019 : « Matthias et Maxime » de Xavier Dolan

23 mai, 14h30, un moment incroyable pour nous deux. En effet, après 8 jours de Festival nous montons les marches ensemble pour le nouveau film de Xavier Dolan « Matthias et Maxime ».

Cette montée est très importante pour nous. (Non pas pour nous pavaner sur la tapis rouge… soyons clair, à 14h30 il n’y a personne) mais parce qu’obtenir deux invitations pour le même film est devenu chose difficile et ce même après plus de dix années de festival. Donc, nous apprécions ce moment. (Même si nous le renouvellerons le soir même à 22h pour le Kechiche) et nous dirigeons avec plaisir vers l’orchestre pour découvrir la nouvelle pépite du prodige québecois qu’est Xavier Dolan, « Matthias et Maxime ».

Nous arrivons en orchestre et Adrien ne semble pas convaincue par mon choix de rangée. Il préfère que nous nous installions sur celle derrière nous. (parfois, les choses n’arrivent pas au hasard vous allez voir.)
Nous nous décalons donc d’une rangée et nous installons à côté d’un couple en pleine discussion. L’homme tourne la tête vers nous et nous reconnaissons alors le comédien français Bernard Ménez. (mais si rappelez-vous il chantait « Jolie Poupée« ).
La discussion s’engage alors sur le cinéma, la vie et les petits oiseaux et nous perdons un peu la notion du temps jusqu’à ce que la salle s’éteigne et nous ramène à la réalité.

© Diaphana Distribution

Le film s’ouvre sur une soirée entre potes qui se termine par un baiser échangé entre deux amis d’enfance, Matthias et Maxime. En effet, une de leur amie réalise un film amateur et elle leur demande de jouer dedans. Ce baiser à priori anodin ravive un souvenir d’enfance. Il va semer le doute dans leur relation et bousculer tout leur univers social et leur sphère privée. Surtout que Maxime (interprété par Xavier Dolan lui-même) part en Nouvelle-Zélande deux semaines plus tard.

La patte Dolan est là. On y retrouve des éléments narratifs qui font écho à ses premiers films « Les Amours imaginaires » ou bien encore « J’ai tué ma mère ». Pourtant, sa réalisation se renouvelle. On sent une envie d’essayer de nouvelles choses, certaines fonctionnent d’autres demandent à être consolidées. Son travail de montage nous propose un rythme différent de ce qu’il fait (et nous ça nous a plu !). Ce rythme est en parfait accord avec un flot de dialogues québecois. Ah tabernacle, on se demande même si ça ne fonctionne que dans cette langue tellement les punchlines sont bonnes. Quelques longueurs au milieu du film auraient pu être évitées mais bon, créer c’est aussi essayer.

Toutefois, il a cette incroyable capacité à capter un regard, une étreinte. Chaque mouvement de caméra, chaque cadrage sert l’émotion de son récit.
C’est un cinéaste de l’émotion, la pure, l’authentique. Celle qui gagne en puissance au fur et à mesure que le film se déroule.
Alors oui, il n’a pas inégalé Laurence Anymays et Mommy mais on s’en fiche. Chaque film est différent et c’est tanmieux ! Dans « Matthias et Maxime » on sort un peu du duo ou trio amoureux qu’il affectionne pour parler cette fois d’amitié, des questions existencielles qui bousculent toutes les certitudes de l’être humain avec des cris, des larmes mais aussi de la joie, de la folie.

Cette douce folie est fort appréciable, de film en film elle nous subjugue. Avec huit films dont six sélections cannoises, Xavier Dolan a 30 ans s’illustre comme un réalisateur passionné et fécond du cinéma québecois. Il a enfin compris qu’on ne pouvait pas plaire à tout le monde (t’inquiètes Xavier nous on t’aime ! ) et il s’en câlisse (terme québecois, vous chercherez 🙂 oui faut bien vous faire bosser un peu).


Alors Xavier à quand une interview pour Cinémode ? 😉
En attendant, on ne vous fait pas plus attendre, voici un extrait du film :

© By Alex

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